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Aux frontières de la géométrie,
l'entre-deux, l'articulation où pulse la vie : le CONTACT.
Dans la pratique de tout art,
cette notion de contact est fondamentale. L'Eutonie (de Gerda
Alexander) propose une approche intéressante. Le contact n'est pas
le Toucher. C'est " la prise de conscience du support matériel
de la relation à l'objet ". Le contact est une qualité innée,
inconsciente, mais qui peut se développer en " pensant vers
" de manière ouverte. Ce n'est pas une représentation
visuelle ni intellectuelle.
C'est une expérience " intérieure
" qui engage tout l'être dans l'ici et maintenant. La qualité
de contact d'un sujet dépend du degré de sa conscience corporelle,
de l'intensité et de la localisation de ses " Tensions ",
de l' " objet " même avec lequel il entre en contact, de
son histoire et surtout de son premier vécu de contact avec sa mère
surtout (in utero déjà ! Et dans la petite enfance).
Prendre contact avec un "
objet ", c'est ALLER vers lui en restant OUVERT, c'est échanger,
être en équilibre avec l'extérieur. Equilibre des polarités,
enracinement / dé-fixation de soi, agir / " écouter ",
présence / oubli de soi, abandon / tenue, pénétration / accueil,
autonomie / dépendance, seul /ensemble. Il y a toujours deux
directions sans que l'autre prédomine.. C'est deux vecteurs avec la
réciprocité, entre donner et recevoir. Etre émetteur et récepteur
à la fois !
Pathologie du contact : soit l'on
est trop porté sur l'extérieur en perdant la réceptivité, soit
l'inverse. Le contact juste conditionne le plaisir, la communication
vraie - par sa dimension du respect et la gestion de la dualité
vers son extinction (thème cher aux mystiques). Image : Racines qui
s'avancent dans le sol en restant perméables.
En fait, le contact intéresse
toute forme de vie : un " bon " artisan prend contact avec
son œuvre, un " bon " musicien fait " corps "
avec son instrument, etc… Qu'en est-il de l'artiste martial ? Par
exemple au niveau de la pratique d'une forme, ne pas seulement
s'emparer d'elle, mais se laisser porter, inspirer (aimer même !)
par elle, jusqu'à s'en détacher complètement (serait-ce là le début
de la maîtrise ?).
Au niveau du contact avec l'
" adversaire ", certains arts martiaux nous offrent un
exemple édifiant, à savoir, l'Aïkido, toute pratique des "
mains collantes " (Tueshu de Tai Chi Chuan entre autres) et
aussi la Capoeira ! (bien que le contact ne soit pas " physique
"). Bien sûr, ce concept de contact juste a été explicité
dans la tradition chinoise dans celui de la bi-pôlarité Yin / Yang
! De plus, il apparaît dans la stratégie de combat de Tai Ji
Quan en 5 points : écouter (Tsou), céder (Ting), adhérer (Nien),
transformer (Hua) et attaquer (Fa).
Le contact juste donne accès à
la disparition progressive de la dualité, donc à la tendresse et
la jouissance. C'est une porte grande ouverte à l'autre, au "
TOUT AUTRE ", à la CO-NAISSANCE par la co-existence, la com-pénétration
du 1, du 2, du zéro et de l'infini.
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